Savoir identifier les signes d’alertes d’une agression

Reconnaître les signes d’alerte avant une agression

Une agression physique arrive rarement seul et sans signes préalables. Sauf dans des cas de vols à l’arrachée par exemple, l’agression physique est d’abord précédée par une phase d’intimidation et d’agression verbale, propice à l’évaluation des intentions réelles de votre agresseur.

kravmaga femmes signes d'alerte

Reconnaître les signes posturaux

La plupart des violences physiques sont précédées de signes posturaux chez l’agresseur. Beaucoup d’entre nous ont vu, ou rencontré, des situations où une personne agressive s’avance, criant des injures, proférant des menaces, le menton en avant, et faisant des grands gestes avec leurs bras. La posture est une indication claire que quelqu’un a la volonté de vous mettre physiquement en danger, cependant elle n’indique pas que la personne va passer nécessairement à l’acte. En effet, cette attitude si démonstrative d’un agresseur a 2 objectifs : d’une part cela permet d’intimider la personne en face et ainsi de jauger son répondant : soit elle s’énerve à son tour et là on entre dans le combat, soit elle recule en apaisement, soit elle est trop apeurée pour être capable de répondre à une attaque physique (la personne est complètement figée). C’est la cible idéale pour l’agresseur, qui obtiendra facilement ce qu’il veut, sans combattre. D’autre part, l’attitude physique permet à l’attaquant de « se chauffer », à l’image de duels d’animaux qui se cherchent pendant un moment, et quand ils sont bien énervés, ils attaquent.

La posture contient des signes physiologiques pouvant révéler les intentions d’une personne. Le problème avec ces signes physiologiques « d’alertes », c’est qu’ils sont très subtils et souvent difficiles à déceler dans des situations d’agressions de la rue. Certes il vous a été rapporté par Raymond Gros des changements physiologiques typiques tels que : la mâchoire serrée, le visage qui change de couleur, le menton saillant etc, etc. Ces signaux sont effectivement des bons indicateurs qu’une personne va passer à l’action, et les personnes travaillant dans la sécurité les décèlent très facilement et même instinctivement avec l’habitude (physionomistes…) Mais pour toutes autres personnes, ces signaux sont extrêmement difficiles à cerner, d’autant plus si l’agresseur est sous l’emprise de la drogue, que vous êtes dans un lieu sombre, comme une boîte de nuit, un bar, une ruelle mal éclairée… le genre d’endroit où vous risquez de rencontrer des gens enclins à la violence et mal intentionnés…

Détecter les signaux physiologiques

Un autre moyen plus facile à détecter que les signaux physiologiques est d’évaluer les changements dans la façon de parler de l’agresseur.

Une première technique « d’apaisement du conflit» toute simple est de poser une question ouverte (on ne peut pas répondre par oui ou non) sur la situation. Ce n’est pas la nature de la réponse qui nous intéresse, mais la façon de répondre. En effet, si la personne peut parler et communiquer normalement, donner une réponse sensée en faisant des phrases, alors vous pouvez déjà vous rassurer sur ses intentions, et à ce niveau la personne est encore prête à résoudre le problème sans violence. Ce qui ne veut pas dire qu’on laisse tomber les mains en position passive (toujours semi-passif, posture d’apaisement), mais qu’on a une bonne chance de s’en sortir sans avoir à combattre.

Le problème du combat se pose si la personne est incapable de communiquer et rentre dans une de ces attitudes verbales : silence, réponses saccadées, mots désordonnés, répétitions des mêmes mots ou phrases… Alors là, ça sent le roussit ! En effet, la communication verbale demande un gros travail à notre cerveau, avec une capacité de raisonnement importante. Plus on est dans l’émotionnel, moins on est dans le raisonnement, et moins on arrive à communiquer verbalement.

Le silence est un bon indicateur qu’une personne va soit combattre, soit fuir, soit parfois les 2, c’est-à-dire commencer à partir et finalement se retourner et envoyer un coup de pied (signe de retranchement, ramenant à la survie). Dans tous les cas, il faut être très méfiant face à un silence.

Une personne limitée à des réponses saccadées ou n’arrivant plus à mettre des mots dans l’ordre pour faire des phrases sont les signes d’une incapacité à faire des phrases complètes. C’est l’intérêt des questions ouvertes : les forcer à répondre autrement que par oui ou non. Cela oblige la personne à réfléchir, à formuler une phrase, ce qui permet d’évaluer leur état émotionnel, d’agressivité, ou encore d’ébriété. Ce genre de réponse est un donc un signe d’alerte, et on peut alors considérer la personne comme dangereuse. L’autre avantage des questions ouvertes est de montrer une intention d’apaisement et de résolution de conflit, plutôt que d’escalade de la violence.

La « boucle répétitive » est quelque chose que les gens font pour justifier leur colère, et ils rentrent alors eux-mêmes dans l’escalade émotionnelle. Quand quelqu’un ne cesse de répéter une accusation, une injustice « tu me regardes de travers depuis le début de la soirée », « tu as renversé mon verre » etc, sachez qu’il ne cherche aucunement une résolution du conflit, d’ailleurs il n’attend aucune réponse de votre part, et toute réponse sera bonne à l’énerver d’avantage. Ils cherchent simplement à se justifier eux-mêmes de leur attitude, à montrer qu’ils ont totalement raison de s’énerver pour répondre à cette injustice qui leur a été faite. Généralement, vous pouvez vous attendre au combat ! Mais attention, commencez le combat intelligemment, pensez au dernier article sur le fait de « perturber avant d’attaquer » ! Sans oublier que toute défense doit être proportionnelle à l’attaque.

Il y a un temps pour les paroles, un temps pour les actes, et les 2 sont importants en self-défense. Surtout, être toujours prêt, les mains en position semi-passive, dès que vous vous retrouvez face à une personne agressive verbalement : à force de vous le répéter lors des cours de Krav Maga avec Raymond Gros, ça devrait devenir naturel !

Ecrit par C.Rosier et R.Gros