Légitime défense : ce qu’il faut savoir

Légitime défense, de quoi parle t-on exactement?

Krav Maga _ légitime défense agression

Lors des cours de Krav Maga, Raymond Gros évoque fréquemment la notion de légitime défense, notion indispensable lorsque l’on apprend le self-défense. Les statistiques publiées par les différentes institutions montrent une augmentation des atteintes aux personnes. Cette augmentation est extrêmement marquée, les vols à l’arrachée se multiplient, car-jacking, home-jacking sont des faits divers fréquents dans la presse. Pour l’ensemble de ces raisons, les dossiers de légitime défense se multiplient, que ce soit pour les fonctionnaires, bijoutiers, transporteurs de fonds, mais aussi des personnes constituant la bonne cible au bon moment.

La légitime défense en droit est un fait justificatif, c’est-à-dire qu’il va exonérer de sa responsabilité pénale l’auteur d’une infraction commise dans l’intérêt de sa défense ou de la défense d’autrui, et ce seulement sous un certain nombre de conditions.

agression menace - légitime défense - réponse disproportionnée

Critères de la légitime défense

Les critères d’application de la légitime défense concernent à la fois la nature de l’attaque et la défense de la victime.

La défense doit être :

  • Immédiate : la riposte doit survenir dans le même temps que l’exposition au risque
  • Nécessaire : la riposte a pour objet de repousser l’agression et d’y mettre fin et il n’y pas d’autres moyens d’y soustraire.
  • Proportionnelle : il existe une balance entre la nature de l’agression et les moyens utilisés pour y mettre fin.

La défense peut se faire contre une attaque qui sera :

  • Injustifiée : ce n’est pas un acte commandé par la loi (pas de riposte contre les forces de l’Ordre)
  • Actuelle : le danger est imminent
  • Réelle : le danger ne doit pas être putatif « il avait l’air vraiment louche, alors j’ai enchaîné coups de poings, pieds, coude etc etc !!! ». C’est le problème du danger putatif, qui pourrait n’exister que dans l’esprit de celui qui s’est défendu.

La légitime défense dans la pratique

On constate dans ces définitions de la légitime défense quelques limites d’application en jurisprudence, entre la théorie et la pratique.

Un premier problème dans la jurisprudence est que l’immédiateté est assimilée à l’instantanéité. Si à l’instant présent un agresseur armé n’attaque pas, alors il n’y a pas de danger à cet instant. Mais peut-on savoir si 5 secondes plus tard il va passer à l’action ? La justice peut-elle reprocher le fait d’anticiper un danger quasi immédiat ?

2ème problème : la nécessité de riposter. Là encore, la jurisprudence va dire « ah mais vous pouviez fuir ou vous pouviez appeler à l’aide ». Mais encore faut-il que ces 2 options soient compatibles avec le maintien de soi-même ou de ses proches en sécurité ! Entre le moment où l’on appelle les secours et le moment où ils arrivent … ce n’est pas toujours immédiat ! Quand on est en danger, la première chose à faire est de se mettre en sécurité, pas de se dire « oh là là, est-ce que le danger est immédiat ? oui bon alors est-ce que ma riposte est nécessaire ? etc etc ».

Revenons à la notion de « danger putatif». Nous avons récemment vu une vidéo de « self-défense » où une personne descendait un escalier tranquillement et se trouve confronté à une altercation verbale « oh, qu’est-ce que tu fais là ? ». De là, la victime de l’altercation enchaîne coups de pieds, coups de coudes, casse de bras etc etc … Un peu fort pour une simple altercation verbale non ? Si la personne porte plainte, la jurisprudence va vous demander de prouver qu’il y avait un réel danger et là ce n’est pas gagner ! Trouvez plutôt un très très bon avocat… !

Il est vrai que sous l’emprise du stress, nous pouvons réagir fortement, mais lorsque nous vous enseignons la self-défense, nous sommes toujours dans des situations concrètes d’agressions ou de menaces. C’est pourquoi les techniques que vous apprenez commencent d’abord par une défense et ensuite une contre-attaque, ou les 2 en même-temps.

Enfin, la question de la proportionnalité. Si quelqu’un vous donne une claque, que vous bloquez, contre-attaquez avec une frappe au visage et partez en courent : pas de problème. Par contre, si vous enchaînez sur des clés pour casser le coude ou le bras ou pire encore les cervicales, là il va y avoir un gros problème avec la justice …

N’oublions pas que nous pratiquons de la self-défense, le krav maga n’est pas un sport, nous ne sommes pas dans la logique du « j’ai marqué le premier ou je l’ai mis K.O», mais bien dans la notion de survie face à un danger.

Raymond Gros enseigne un Krav Maga pour les civils, qui vous apprend à vous sortir indemne face à une agression, tout en restant dans le cadre légal de la « légitime défense ».